N'attendons pas cinquante ans de plus pour mettre les utilisateurs aux commandes de leur base de données
Une comparaison rapide entre Klaro Cards et les bases de données traditionnelles
Photo par Jan Antonin Kolar sur Unsplash
Quelqu'un m'a dit récemment que « Klaro Cards est une base de données inversée ». J'ai répondu par 👀 et on s'est mis à discuter...
L'argument pour qualifier Klaro Cards de base de données « inversée » tient en ceci :
-
Les bases de données traditionnelles se construisent de haut en bas. Un développeur crée la structure, puis les utilisateurs la remplissent de données. La structure d'origine est souvent gravée dans le marbre.
-
Avec Klaro Cards, à l'inverse, il n'y a pas de développeur. Vous créez quelques cartes, ajoutez une ou deux dimensions pour suivre l'information pertinente, puis vous « remplissez » les données en déplaçant les cartes. Ensuite vous restructurez un peu, ajoutez de nouvelles dimensions, remplissez davantage, etc.
Vous construisez votre monde, de manière incrémentale, et ne suivez que ce qui est nécessaire aux tâches du moment. Une approche ascendante et visuelle du travail piloté par les données. Une approche, aussi, où le département informatique n'est pas nécessaire, et c'est essentiel (de toute façon, ils sont débordés 🤷).
À première vue, Klaro Cards ressemble effectivement à une base de données inversée ; à une façon de faire entièrement nouvelle. Mais en y réfléchissant, cela m'a rappelé quelque chose, et j'ai rouvert quelques vieux textes de la littérature classique sur les bases de données.
Un éclairage historique
Laissez-moi citer ce qu'E. F. Codd, le père des bases de données modernes, écrivait dans un article de 1974 :
[Notre objectif est] d'offrir une vue communautaire des données, d'une simplicité spartiate, afin qu'une grande variété d'utilisateurs dans une entreprise (du plus naïf au plus expert en informatique) puisse interagir avec un modèle commun [...].
Et :
[...] rappelez-vous que les bases de données sont établies au bénéfice des utilisateurs finaux, et non des programmeurs d'applications qui font office d'intermédiaires pour les besoins actuels du traitement de données.
Il y a cinquante ans, Codd défendait déjà l'idée que les développeurs devaient libérer les données métier des fichiers et structures de données ésotériques, afin de les rendre pleinement utilisables par les utilisateurs finaux. On pourrait soutenir que quelque chose a échoué en cours de route, puisqu'il est très rare de voir une base de données (SQL) traditionnelle construite sans programmeurs aux commandes...
Revenons à Klaro Cards : cela ressemble peut-être à une base de données inversée, mais techniquement c'est simplement une base de données. La différence, dans notre approche, tient à la recherche et aux efforts intenses que nous consacrons à un objectif très proche de celui de Codd : nous voulons sortir le développeur du tableau et investir plutôt dans la simplicité spartiate et l'expérience utilisateur.
Tout cela pour que les « utilisateurs naïfs en informatique » puissent enfin modéliser, utiliser et visualiser leurs données... et agir ensuite de la meilleure façon possible.
Sur les épaules des géants.
Références
- E. F. Codd et C. J. Date, « Interactive Support for Non-Programmers: The Relational and Network Approaches », IBM Research Report RJ400 (6 juin 1974)
commenté dans
- C. J. Date, « The Database Relational Model, A Retrospective Review and Analysis », Addison-Wesley, 2001